Dire non à la médisance - Les 3 Tamis - Socrate

Dire non à la médisance – Les 3 Tamis

Il y a quelques temps, j’ai lu L’âme du monde de F. Lenoir, un petit livre jolie et poétique dans lequel j’ai trouvé ceci:

« Un homme rend visite à un vieux sage:
– Maitre, Je dois te raconter comment se conduit ton disciple.
– Je t’arrête tout de suite, interrompt le sage. As-tu passé ce que tu veux me dire à travers les 3 tamis?
– Trois tamis? dit l’homme étonné.
– Tes propos doivent passer par les 3 tamis. Le premier est celui de la Vérité. As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai?
– Non, je l’ai entendu dire et…
– Bon, alors tu as certainement fait passer tes propos à travers le deuxième tamis, celui de la Bonté. Si ce n’est pas tout à fait vrai, ce que tu veux me dire est sans doute quelque chose de bon ?
– Non, bien au contraire…
– Hum, passons tes propos au 3eme tamis : est-ce que ce que tu as à me dire est utile…
– Utile? Pas vraiment.
– Eh bien, conclut le vieux sage en souriant, si ce que tu as à me dire n’est ni vrai, ni bon ni utile je préfère ne pas l’entendre. Et quant à toi, je te conseille de l’oublier. »

J’ai découvert depuis que c’est une fable de Socrate et personnellement je préfère le mot bienveillance à bonté. Fin d’aparté.

Je trouve ce texte simple et vraiment utile, je l’ai partagé avec des collègues de travail autour de la machine à café ou certaines conversations peuvent facilement devenir toxiques. J’en ai aussi parlé avec ma fille qui est au collège et à un âge où ce type de conversations peut laisser des séquelles (même si ce n’est pas du harcèlement) et elle l’a mis en pratique quelques semaines plus tard. Elle me rapporta s’être sentie beaucoup plus légère après avoir ‘clos le chapitre’ avant que cela ne vire en mauvais ragots.
En fait je trouve que la médisance est un gaspillage d’énergie. Une indulgence comme une pâtisserie trop sucrée qui me reste sur le cœur et auquel je regrette d’avoir succombé. Je n’en suis pas fière, mes amis et moi aurions pu faire quelque chose de constructif avec l’énergie utilisée dans nos commérages.
C’est aussi une perte de temps. La notion même de la médisance c’est qu’on n’en fait rien, on la laisse courir, pourrir la vie des gens. Un bavardage inutile qui peut manger des soirées entières.
J’inclus aussi ce phénomène maintenant incontournable du ‘celebrity gossip’. Là c’est pire car on gaspille notre temps et énergie (et parfois même notre argent) à propos de gens qu’on ne connait même pas, c’est dingue. Si on devait passer le contenu de ces magazines/sites à travers les 3 tamis, il ne resterait plus grand chose.
Alors j’essaie d’éviter la médisance. Ces magazines ne m’intéressent plus, je les trouve assez ennuyeux, je clique rarement sur les sites à ragots. Ce n’est pas aussi facile avec les amis/voisins/forums en ligne, car la tentation se présente régulièrement alors j’essaie de faire attention à ce que je dis. Pas toujours facile. Je prends mon temps quand je parle, je me fais les 3 tamis rapidos. Je m’améliore et je garde les mots d’Eleanor Roosevelt à l’esprit:
« Les grands esprits discutent des idées, les esprits moyens discutent des évènements et les petits esprits discutent des gens »

En fait ça aurait pu être dit pendant une discussion assez méchante, non?
XXX

3 thoughts on “Dire non à la médisance – Les 3 Tamis

  1. Entièrement d’accord avec toi. A partir d’aujourd’hui, je vais aussi utiliser les  » 3 tamis »: vérifier si c’est vrai, si c’est utile et si c’est bon. Rappelle le moi, si je l’oublie. La phrase de Roosevelt me plait beaucoup aussi.

  2. Joli billet. (Je n’arrive jamais à en écrire des comme ça sur les idées. Souvent je commence, je m’embrouille, j’abandonne frustrée ou je dissimule un peu sous une couche d’humour).^^ Bref, comme toi, je n’aime pas médire. Ça a souvent été un handicap pour l’intégration en entreprise, j’ai un peu progressé (dans le mauvais sens du coup) 😉 Vivement que la gentillesse redevienne à la mode!

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